En mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques, plus communément appelé SOPK, changeait de nom pour devenir le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Cette nouvelle dénomination est l’accomplissement de plus de dix ans de travail mené par des chercheuses et des chercheurs, des médecins et un groupe de défense des patientes afin de permettre un diagnostic et un suivi plus efficaces de la maladie.
Une femme sur huit en âge de procréer est touchée dans le monde par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) [1]. Introduits en 2003, les critères de Rotterdam sont couramment utilisés pour poser un diagnostic de SOPK, lequel repose sur la présence d’au moins deux des trois critères suivants : cycles irréguliers, production importante d’androgènes, ovaires polykystiques [2]. Néanmoins, plus de 90 ans après la première caractérisation clinique du SOPK, son diagnostic demeure une source de confusion chez les professionnelles et les professionnels de la santé en raison de la diversité clinique de la maladie, qui peut par ailleurs affecter la santé mentale des patientes. En effet, de nombreux symptômes autres que les critères de Rotterdam peuvent se manifester, entre autres des problèmes d’infertilité, une résistance à l’insuline ou encore de l’hirsutisme. Des efforts sont donc continuellement déployés afin d’assurer une meilleure caractérisation et un diagnostic standardisé du SOPK [3]. Une chose n’avait pourtant jamais changé jusqu’à récemment : le nom de la maladie.
Les gynécologues et cliniciens-chercheurs américains Irvin Stein et Michael Leventhal, de l’ancien hôpital universitaire Michael Reese de Chicago, sont à l’origine de la première caractérisation clinique du SOPK en 1935, à une époque où la maladie était principalement envisagée d’un point de vue reproductif et endocrinien [4]. Bien que le SOPK soit désormais considéré comme une condition complexe faisant intervenir des facteurs métaboliques, génétiques et environnementaux [5], son nom mettait toujours l’accent sur la présence de kystes ovariens. Or, ces présumés kystes sont en fait des follicules ovariens dont la maturité a été interrompue, un symptôme inexistant chez la plupart des femmes atteintes du SOPK [6]. Cette appellation non représentative contribuait ainsi à la persistance de biais inconscients chez les professionnelles et les professionnels de la santé, s’ajoutant à la confusion déjà existante entourant les critères diagnostiques de la pathologie [7].
Officialisé en mai 2026, le nouveau nom du SOPK, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), met plutôt l’accent sur l’aspect multisystémique de la maladie. Dans un contexte socioculturel où la capacité reproductive de la femme est fortement valorisée, cette nouvelle terminologie pourrait contribuer à réduire la stigmatisation associée à la pathologie. Pour les femmes atteintes, un diagnostic précoce assurerait ainsi une prise en charge adaptée qui tient compte non seulement des symptômes physiques du SMOP, mais également de l’anxiété et de la baisse de l’estime de soi qui l’accompagnent fréquemment [8].
Références
[1] Teede, H. J., Khomami, M. B., Morman, R., Laven, J. S. E., Joham, A. E., Costello, M. F., Patil, M., Rees, D. A., Berry, L., Cree, M. G., Zhao, H., Norman, R. J., Dokras, A., Piltonen, T. et Global Name Change Consortium. (2026). Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: A multistep global consensus process. The Lancet, 407(40545), 2329-2339. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(26)00717-8
[2] Christ, J. P. et Cedars, M. I. (2023). Current guidelines for diagnosing PCOS. Diagnostics, 13(6), 1113.https://doi.org/10.3390/diagnostics13061113
[3] Teede, H. J., Tay, C. T., Laven, J. J. E., Dokras, A., Moran, L. J., Piltonen, T. T., Costello, M. F., Boivin, J., Redman, L. M., Boyle, J. A., Norman, R. J., Mousa, A., Joham, A. E. et International PCOS Network. (2023). Recommendations from the 2023 international evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome. European Journal of Endocrinology, 189(2), G43-G64. https://doi.org/10.1093/ejendo/lvad096
[4] Stein, I. F. et Leventhal, M. L. (1935). Amenorrhea associated with bilateral polycystic ovaries. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 29(2) 181-91. https://doi.org/10.1016/S0002-9378(15)30642-6
Adashi, E. Y., Cibula, D., Peterson, M. et Azziz, R. (2023). The polycystic ovary syndrome: The first 150 years of study. F&S Reports, 4(1), 2-18. https://doi.org/10.1016/j.xfre.2022.12.002
[5] Singh, S., Pal, N., Shubham, S., Sarma, D. K., Verma, V., Marotta, F. et Kumar, M. (2023). Polycystic ovary syndrome: Etiology, current management, and future therapeutics. Journal of Clinical Medicine, 12(4), 1454. https://doi.org/10.3390/jcm12041454
[6] International evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome – 2023. (2023). Reproductive Endocrinology, (69), 59-79. https://doi.org/10.18370/2309-4117.2023.69.59-79
Piltonen, T. T., Kuusiniemi, E., Teede, H. et WENDY Research Group study group. (2026). Ovarian cysts in polycystic ovary syndrome. JAMA International Medicine, e261370. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2026.1370
[7] Dokras, A., Saini, S., Gibson-Helm, M., Schulkin, J., Cooney, L. et Teede, H. (2017). Gaps in knowledge among physicians regarding diagnostic criteria and management of polycystic ovary syndrome. Fertility and Sterility, 107(6), 1380-1386.e1. https://doi.org/10.1016/j.fertnstert.2017.04.011
Gibson-Helm, M., Teede, H., Dunaif, A. et Dokras, A. (2017). Delayed diagnosis and a lack of information associated with dissatisfaction in women with polycystic ovary syndrome. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 102(2), 604-612. https://doi.org/10.1210/jc.2016-2963
[8] Snowdon, C. (2026, 30 juin). Women with PMOS should have yearly NHS checks, says health watchdog. BBC. https://www.bbc.com/news/articles/cd0m3g05kx2o



