SOCIÉTÉ — La décolonisation, un processus inachevé

Flora Pidoux — Programme de doctorat en science politique

SOCIÉTÉ — La décolonisation, un processus inachevé

Le colonialisme n’est pas un phénomène qui appartient totalement au passé. Les relations de domination découlant des conquêtes territoriales européennes à travers le monde sont encore présentes malgré plusieurs vagues de décolonisation, ce que démontrent les dix-sept territoires non autonomes que recense l’Organisation des Nations Unies. À cela s’ajoutent d’autres formes de colonialisme qui touchent notamment le Canada à travers l’exclusion systématique des peuples autochtones de la vie politique. S’attarder sur la définition du colonialisme permet de mieux saisir son caractère omniprésent encore de nos jours, mais aussi de comprendre pourquoi y mettre fin est bien plus compliqué qu’il n’y paraît.

 

Bien que le colonialisme soit aujourd’hui illégitime, cela ne veut pas pour autant dire qu’en pratique, il a totalement disparu. Le colonialisme a diffusé la société internationale telle que conçue dans le monde occidental à travers le globe, institutionnalisant par le fait mêmeune hiérarchisation des peuples et des races. À son tour, la décolonisation a permis aux pays et aux peuples coloniaux d’exercer leur droit à l’autodétermination*, qui doit être compris comme le droit à l’indépendance selon le principe de souveraineté étatique. Cependant, le processus de décolonisation reste limité à une seule forme de colonialisme, soit le colonialisme classique*. En effet, il reste encore des territoires non autonomes, comme le Sahara occidental ou la Nouvelle-Calédonie, vestiges du colonialisme d’antan qui peine à être éradiqué. Par ailleurs, le colonialisme est bien plus vaste que sa définition classique ne le sous-entend. On recense ainsi deux formes principales additionnelles, soit le néocolonialisme*, visible dans l’aide internationale par exemple, et le colonialisme interne*, qui concerne, entre autres, les populations autochtones au Canada. Au-delà de ces catégories, le colonialisme est un phénomène intrinsèque du monde actuel.

 

Retour historique

Les conquêtes territoriales et les relations de domination politique, ce que l’on désigne sous le terme de colonialisme classique, sont pratiques courantes à travers l’histoire. Ce phénomène prend cependant de l’ampleur aux 16eet 17esiècles, et devient global pour la première fois.

Venant mettre fin à l’acquisition de nouveaux territoires, la décolonisation connaît son apogée entre les années 1955 et 1975. C’est ainsi que la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux – Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) du 14 décembre 1960[1] – consacre la décolonisation comme objectif mondial et pallie le flou de la Charte des Nations Unies en la matière. Bien que le texte fondateur mentionne le droit des peuples à l’autodétermination, il n’en précise pas la définition ni n’en fait un principe contraignant. L’autodétermination était en fait mentionnée comme un outil rhétorique mobilisé pour garantir le soutien des colonies et des nouveaux États indépendants au projet onusien plutôt qu’un réel engagement des puissances occidentales.

Ce revers essuyé par le colonialisme est facilité par plusieurs éléments, notamment par un changement normatif profond et global selon lequel les principes justifiant la domination d’une race sur une autre devenaient illégitimes. Bien que précipité par les luttes d’indépendance dans plusieurs colonies, cela émanait d’un changement de valeurs au sein des puissances coloniales. Les fondements mêmes de la société internationale, racistes et diffusés par les conquêtes[2], étaient ainsi remis en cause pour laisser place à la décolonisation.

Or, la décolonisation est un processus inscrit sur la longue durée – toutes les colonies ne disparaissent pas au lendemain de la Déclaration de 1960. C’est ainsi qu’en 1981, 4 millions de personnes vivaient encore sous domination étrangère – comme au Timor oriental, occupé par l’Indonésie depuis le départ des Portugais. De plus, les îles du Pacifique étaient encore sous tutelle des États-Unis, 20 territoires non autonomes* existaient, et la Namibie était sous la responsabilité directe des Nations Unies[3]. L’année 1994 marque la suspension des activités du Conseil de tutelle, organe onusien chargé de la décolonisation des territoires des vaincus de la Première Guerre mondiale, à la suite de l’indépendance de Palaos, île du Pacifique Ouest, le dernier des territoires sous son contrôle.

Siplus de 80 colonies obtiennent leur indépendance sous l’égide de l’ONU,la décolonisation n’est pas terminée à ce jour, malgré plusieurs initiatives pour y mettre fin. Les Nations Unies dénombrent ainsi 17 territoires non autonomes : 2 millions de personnes vivent toujours sous le joug du colonialisme[4]. Bien que l’Afrique et l’Asie soient, à l’exception du Sahara occidental, totalement décolonisées, des territoires isolés dans les Caraïbes, l’océan Pacifique et l’océan Atlantique n’ont pas encore achevé leur processus d’autodétermination. Les cas de Guam, par exemple, île administrée par les États-Unis dans la mer des Philippines et servant de poste avancé de l’armée américaine en Asie du Sud-Est, de la Nouvelle-Calédonie, archipel du Pacifique Sud administré par la France qui a fait parler de lui fin 2018 alors qu’un référendum d’autodétermination y est organisé[5], et des îles Malouines, localisées au large de l’Argentine sur sa façade est qui ont été l’objet d’une guerre entre Londres et Buenos Aires en 1982, sont parmi les plus contentieux de la liste.

La Troisième décennie internationale de l’élimination du colonialisme est en cours (2011-2020) et le Comité spécial de la décolonisation, comité onusien créé afin de réaliser la Déclaration de 1960, continue de se rencontrer de manière régulière afin d’émettre des recommandations sur la meilleure marche à suivre pour que les territoires non autonomes exercent leur doit à l’autodétermination, ou bien pour discuter de cas devant figurer sur la liste des territoires non autonomes (voir la figure 1).



Figure 1. Carte des territoires non autonomes

Source : Aide que l’ONU peut apporter aux territoires non autonomes. Département de l’information des Nations Unies, 2017.

 

Colonialisme contemporain

Tout territoire peut, à tout moment, être (ré)intégré sur la liste des territoires non autonomes, comme ce fut le cas en 2013 pour la Polynésie française, ensemble d’archipels du Pacifique Sud sous souveraineté française, alors que le territoire avait été ôté de la liste en 1947. Les îles Chagos ont aussi fait parler d’elles en février de cette année lorsque la Cour internationale de justice a tranché dans son avis consultatif[6] que la séparation de cet archipel de l’île Maurice par la Grande-Bretagne était illégale. Ce dernier cas a aussi fait ressurgir le contentieux entre la France et Madagascar au sujet des îles Éparses, archipel que Paris s’est gardé malgré l’indépendance de Madagascar en 1960 et qui accueille une présence militaire française depuis 1980. Alors que le gouvernement malgache revendique sa souveraineté sur l’archipel depuis 1973, le gouvernement français s’est finalement engagé en mai 2019 à trouver une solution consensuelle pour mettre fin à ce contentieux[7].  

Les territoires touchés par le colonialisme font rarement les unes internationales aujourd’hui, sauf peut-être quand les efforts de médiation des Nations Unies échouent au Sahara occidental ou lorsqu’il s’agit d’un sujet d’intérêt national, comme lors du référendum de la Nouvelle-Calédonie (par lequel la population locale a largement rejeté l’indépendance), qui a capté l’attention de la presse française. Cependant, améliorer la connaissance générale sur lesdits territoires et ouvrir le dialogue sur leur avenir permettraient d’entrevoir la complexité du dossier. L’option de l’indépendance n’apparaît pas toujours comme la meilleure marche à suivre alors que la taille des territoires, leur isolement géographique, ou encore le manque de ressources naturelles ou économiques remettent en cause leur viabilité en cas de sécession. Le colonialisme classique reste donc un enjeu crucial de politique internationale, qui requiert cependant un traitement adapté aux besoins contemporains des territoires, et non l’imposition de solutions héritées du passé. Une approche ancrée dans le présent et basée sur les besoins uniques de chaque territoire permettrait de prendre en compte l’évolution de la souveraineté étatique qui ne suit plus les mêmes contours au 21siècle et n’est plus une condition sine qua non de l’existence politique d’un peuple telle qu’elle l’était au siècle précédent.

Néocolonialisme

Si le colonialisme classique est la forme de domination la plus connue, le phénomène colonial ne concerne pas seulement les miettes d’empires européens. C’est plus largement une structure de domination qui touche encore aujourd’hui une large proportion de la population mondiale, à travers le néocolonialisme notamment, souvent considérée comme la forme la plus avancée du colonialisme. La différence principale avec le colonialisme classique est politique : l’absence de liens formels rend la détection des pratiques néocoloniales bien plus difficile, d’autant qu’elles peuvent prendre de nombreuses formes, soit commerciales, économiques ou bien culturelles.

Ce phénomène concerne, par exemple, la perpétuation d’anciennes relations de domination entre les puissances européennes et leurs colonies à travers des moyens plus informels[8] et non par des liens politiques ou territoriaux clairs. Certaines organisations internationales sont ainsi accusées de néocolonialisme : l’Organisation internationale de la Francophonie, organisation promouvant la langue française, institutionnalise un réseau d’influence francophone ; l’organisation politique du Commonwealth regroupe 53 États, pratiquement tous d’anciennes colonies britanniques, qui entretiennent toujours des liens étroits avec Londres.

Plus largement, certaines pratiques internationales semblent impliquer des relations similaires. L’aide internationale permet l’incursion de forces étrangères et est souvent accompagnée de conditions développementales. Le state building, soit le fait de « construire ou reconstruire des institutions de gouvernance capables de fournir aux citoyens une sécurité physique et économique[9] » (notre traduction), est accusé de priver les locaux de leur souveraineté dans la mesure où la forme du gouvernement est imposée, comme ce fut le cas en Iraq à la suite de l’invasion américaine de 2003. La responsabilité de protéger (R2P) est aussi parfois invoquée afin de justifier une intervention de la communauté internationale dans un État souverain lors de violation massive des droits de la personne. Or, cela bafoue la souveraineté étatique, principe fondamental du droit international, dans le but d’imposer à un État jugé failli des principes moraux étrangers.

Toutes ces formes d’intervention et d’imposition de normes et de valeurs présentées comme universellement désirables sont du néocolonialisme légalisé et légitimé par le biais du droit international et de l’approbation de l’ONU[10]. La justification des interventions repose sur une définition de l’éthique associée au cosmopolitisme* qui ne fait pas consensus, car elle perpétue des pratiques néocoloniales. Étudier les pratiques sous cet angle soulève nécessairement un nombre important de considérations éthiques.

 

Colonialisme interne

Le colonialisme interne touche particulièrement les Afro-américains qui ont été exclus – et qui le restent parfois encore – de la vie publique aux États-Unis, les minorités culturelles ou linguistiques comme les catholiques en Irlande du Nord, ou encore de nombreuses populations autochtones, comme au Canada, pour qui la décolonisation reste à réaliser[11]. Le colonialisme interne mène généralement à une aliénation de l’autre sur la base de caractéristiques culturelles ou raciales, justifié par le racisme scientifique ou le darwinisme social dans les colonies de peuplement telles que le Canada ou l’Australie. L’exclusion des peuples indigènes y est partie intégrante de la construction étatique et de la formation de l’identité nationale locale. Cette forme de colonialisme est d’autant plus difficile à identifier que les franges de la population touchées par ce phénomène sont des minorités historiquement ostracisées et à qui on ne reconnaît pas de légitimité politique. C’est ainsi que le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA)[12], publié en mai 2019 au Canada, identifie les structures coloniales comme étant la source du génocide culturel des populations autochtones et en particulier des femmes de ces communautés.

Mettre un terme au colonialisme interne peut difficilement passer par l’indépendance, d’où la complexité de la situation pour les peuples autochtones ou tout peuple minoritaire ou nation victime d’oppression au sein des frontières étatiques. Bien que de nombreuses initiatives aient été mises en place pour reconnaître le droit des peuples autochtones à l’autodétermination – on citera le secrétariat de l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) de l’ONU ou tous les efforts visant la protection des droits des minorités – l’enjeu demeure. Au Canada, malgré la demande de pardon officielle formulée aux peuples autochtones par le premier ministre Justin Trudeau en 2015, beaucoup de chemin reste à parcourir pour que le pays puisse se targuer d’être un État postcolonial.

 

Colonialisme omniprésent

Au-delà du colonialisme classique, néo ou interne, les relations de domination demeurent envahissantes. Le colonialisme a de nombreuses ramifications dans la société internationale, à commencer par le nom de certains territoires qui portent encore la marque du passage des Européens. Pour ne citer qu’un exemple, un débat a lieu aujourd’hui aux îles Cook, archipel du Pacifique situé entre Hawaï et la Nouvelle-Zélande. Celui-ci souhaite changer de nom dans l’objectif de rompre avec son histoire coloniale, dont la trace laissée par le capitaine de la Royal Navy, James Cook, reste un souvenir douloureux[13].

Le monde actuel est majoritairement postcolonial, c’est-à-dire qu’il fait suite au colonialisme classique facilité par le processus de décolonisation politique ; mais les marques du passé sont bien visibles et continuent d’être la source de tensions, d’affronts et de conflits. Ainsi, le conflit entre l’Inde et le Pakistan et les nombreuses guerres civiles qui continuent de ravager certains États africains tirent leurs origines de la décolonisation qui s’est faite souvent dans l’urgence, à un moment où elle était une nécessité, mais sans prendre en considération le niveau de préparation ou de présence d’infrastructures nécessaires à la mise en place d’un État viable. La décolonisation ne s’arrête donc pas toujours lorsqu’un nouveau drapeau national vient remplacer celui de la métropole. La décolonisation, c’est aussi un processus de construction nationale qui est, pour certains États, toujours en cours, un moyen de pallier les difficultés et les obstacles hérités des frontières coloniales aujourd’hui présentées comme immuables. 

 

Lexique

Colonialisme classique : désigne « un système social caractérisé traditionnellement par l’établissement, par un État, du contrôle politique sur un territoire étranger »[14](notre traduction).

Néocolonialisme : phénomène qui « consiste en un peuple d’un pays en développement indépendant politiquement qui continue d’être lié, par volonté et peut-être par nécessité, à une société européenne ou américaine[15] » (notre traduction).

Colonialisme interne : fait référence à la domination « de minorités opprimées au sein d’une nation[16] » (notre traduction).

Territoire non autonome : territoire dont la population n’a pas exercé son droit à l’autodétermination et dépendant d’une puissance coloniale lointaine.

Cosmopolitisme : par cela, on entend « des règles universelles appropriées pour une seule communauté de sujets humains dans un espace social global[17] » (notre traduction), c’est-à-dire une conception de l’éthique universelle, à l’inverse du pluralisme, qui reconnaît une multitude de conceptions éthiques propres à chaque communauté sociale.

Autodétermination : principe selon lequel les peuples ont le droit de déterminer de manière libre leur statut politique et de poursuivre leur développement économique, social et culturel.  

 

 

Références 

[1] Organisation des Nations Unies. (s.d.). Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples Coloniaux. Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale en date du 14 décembre 1960. Repéré à https://www.un.org/fr/decolonization/declaration.shtml

[2] Voir, par exemple, Crawford, N. (2002). Argument and Change in World Politics: Ethics, Decolonization, and Humanitarian Intervention. New York; Cambridge, R.-U. : Cambridge University Press ; Mazower, M. (2009). No Enchanted Palace: The End of Empire and the Ideological Origins of the United Nations. Princeton, NJ : Princeton University Press ; Reus-Smit, C. (2013). Individual Rights and the Making of the International System. Cambridge, R.-U. : Cambridge University Press.

[3] Nations Unies, Département de l’information. (1981). Les Nations Unies et la décolonisation : action des Nations Unies en faveur de l’indépendance des pays et des peuples coloniaux. New York, NY : Nations Unies.

[4] Listes des territoires non autonomes :https://www.un.org/en/decolonization/nonselfgovterritories.shtml

[5] Pidoux, F. (2018). Nouvelle-Calédonie : l’indépendance en perspective ? Raison d’État. Repéré à https://www.raisondetat.com/single-post/2018/11/02/Nouvelle-Cal%C3%A9donie-r%C3%A9f%C3%A9rendum-4novembre2018

[6] Cour internationale de Justice (2019) Effets juridiques de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice en 1965 – Lecture de l’avis consultatif de la Cour. Repéré à https://www.icj-cij.org/fr/multimedia/5c5084b01e1ac98cbac5721c

[7] Le Monde et AFP. (2019, 29 mai) Madagascar : Emmanuel Macron promet de régler le différend sur les îles Eparses d’ici à 2020, Le Monde. Repéré à https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/05/29/madagascar-emmanuel-macron-promet-de-regler-le-differend-sur-les-iles-eparses-d-ici-a-2020_5469293_3212.html

[8] Macqueen, N. (2014). Colonialism. London, R.-U. : Routledge.

[9] Chandler, D. (2006). Empire in Denial. London, R.-U. : Pluto Press, p. 1.

[10] Joseph, T. S. D. (2011). Decolonization in St. Lucia: Politics and Global Neoliberalism, 1945–2010. Jackson, MS : University Press of Mississippi.

[11] Maguire, A. (2013). Contemporary anti-colonial self-determination claims and the decolonisation of International law. Griffith Law Review,22(1), 238-268.

[12] https://www.mmiwg-ffada.ca/fr/

[13] Mohabir, N. (2019). Renaming the Cook Islands would be a vital step towards true independence. The Guardian.Repéré à https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/mar/06/renaming-cook-islands-independence-maori

[14] Staples, R. Race and colonialism: The domestic case in theory and practice. The Black Scholar,7(9), p. 37-38.

[15] Thomas, R. M. et Postlethwaite, T. N. (dir.) (1984). Schooling in the Pacific Islands – Colonies in transition. Oxford, R.-U. : Pergamon Press, p. 13.

[16] Staples, op. cit., p. 38.

[17] Lawler, P. (2008). The ethics of postmodernism. Dans C. Reus-Smit et D. Snidal (dir.), The Oxford Handbook of International Relations. Oxford, UK : Oxford University Press, p. 383.

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