Volume 35 / No 2 / ÉTÉ 2026

Dans ce numéro, j’ai le privilège de publier une entrevue avec le professeur Jean-Marc Barreau, dont les travaux portent notamment sur ce qu’il nomme avec justesse le « travail du trépas ». J’ai tout de suite été touchée au cœur en lisant ses mots en raison du réalisme radical qui sous-tend cette idée. Examinée de plus près, elle révèle une évidence que nos sociétés esquivent bien souvent : mourir, tout comme vivre, nécessite un travail intérieur.

Aborder ce thème, c’est parler de notre rapport à la fin de la vie, à la mort, à l’absence, et à ce qui reste après.

Nous passons une grande partie de notre existence à préparer toutes sortes de transitions. Nous planifions des études, une carrière, des projets, des voyages, une famille. Nous apprenons à bâtir, à réussir, à anticiper. Mais combien de fois nous arrêtons-nous réellement pour envisager nos dernières années de vie, nos derniers mois de vie, notre manière de mourir ? Cela fait pourtant partie intégrante de la vie. Personne n’y échappe.

Le travail du trépas, tel que décrit dans l’entrevue, n’est pas seulement celui des derniers instants. Il commence bien avant. Il se tisse dans les prises de conscience, dans les réconciliations possibles, dans les mots qui sont à dire ou à entendre. Il touche à cette vie intérieure qui, même fragilisée, demeure vivante jusqu’au bout. 

Ce thème résonne particulièrement en moi cette année. Le deuil, lorsqu’il survient, n’est pas un événement ponctuel. Il s’installe et crée des sillons en nous. Il fatigue aussi, comme le souligne le professeur Barreau. Et dans cette fatigue, une forme de vérité apparaît parfois, celle d’un mouvement irréversible, d’une nouvelle ondulation, d’une transformation.

Pour laisser place à cette transformation, peut-être devons-nous réapprendre la lenteur, la présence, l’écoute. Ces qualités, que notre époque rend parfois rares, deviennent néanmoins indispensables lorsque tout vacille.

Cette entrevue de Dire n’apporte pas de réponses faciles ou définitives. Elle propose plutôt un espace pour penser, ressentir et, peut-être, doucement, commencer à apprivoiser cette part de la vie que nous tenons à distance.

Si les explications du professeur Barreau font naître en vous ne serait-ce qu’une question, une réflexion ou la possibilité d’un moment d’arrêt, alors elles auront déjà accompli quelque chose d’essentiel.

À l’approche de cette saison d’abondance qu’est l’été, rappelons-nous que les mouvements intérieurs, parfois discrets, mais bien réels, suivent leur propre rythme.

Bonne lecture, 
Marie-Paule 


ACTUALITÉ — Le printemps sous pression allergique, Corinne Leveau — Programme de doctorat en biochimie

Les journées gagnent en luminosité, les bourgeons éclosent… le printemps arrive au Québec. Avec lui, le nez coule et les yeux piquent. La saison des allergies est bel et bien …

Continuer la lecture >

Télécharger la publication

CHRONIQUE — Tardibabe au pays des rotifères, Chloé Savard — Microbiologiste et vulgarisatrice

Chloé Savard, alias Tardibabe, est une microbiologiste diplômée de l’Université de Montréal et passionnée du monde microscopique. Ancienne musicienne, elle explore les micro-organismes avec son microscope, transformant ses découvertes en …

Continuer la lecture >

Télécharger la publication

SANTÉ — Un cerveau qui marche en musique, Clara Ziane — Programme de doctorat en sciences de l'activité physique

En présence de musique, la plupart des individus synchronisent automatiquement leurs mouvements avec la pulsation musicale. Ce réflexe, inné et universel, peut devenir un allié précieux pour les personnes atteintes …

Continuer la lecture >

Télécharger la publication

SOCIÉTÉ — Les sages-femmes au cœur du parcours périnatal, Kim Lefort — Programme de maîtrise en administration des services de la santé

Au Québec, une femme peut décider d’accoucher à domicile, dans une maison de naissance ou à l’hôpital. Ce choix résulte du mouvement féministe visant à contrer la surmédicalisation de la …

Continuer la lecture >

Télécharger la publication

ENTREVUE Q/R — Accompagner l'humain jusqu'à son trépas, Marie-Paule Primeau — Rédactrice en chef

Professeur agrégé à l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, Jean-Marc Barreau est spécialiste en anthropologie spirituelle. Il a développé une expertise en accompagnement spirituel, notamment dans le cadre des …

Continuer la lecture >

Télécharger la publication